La confiance et la solidarité au cœur du progrès social

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UN Women/ Ryan Brown UN Women/ Ryan Brown

La confiance est un pilier fondamental de la cohésion sociale et de l’action collective. Pourtant, le Rapport mondial sur la situation sociale 2025, intitulé « Un nouveau consensus politique pour accélérer le progrès social », met en lumière une inquiétante érosion mondiale de la confiance dans les institutions. Plus de la moitié de la population mondiale a désormais peu ou pas de confiance envers son gouvernement, et la confiance a décliné d’une génération à l’autre. Les personnes nées au XXIe siècle affichent les niveaux de confiance institutionnelle les plus bas jamais enregistrés.

Sans interventions efficaces, ces tendances à la baisse risquent de perdurer. Les jeunes générations, façonnées par l’incertitude, les inégalités et un sentiment d’exclusion, se montrent particulièrement sceptiques vis-à-vis des structures de gouvernance. Ce déclin générationnel est un phénomène mondial, observable dans des régions diverses.

Lorsque la confiance s’érode, la polarisation s’aggrave. Les différences et désaccords se traduisent de plus en plus par de l’animosité, créant des lignes de fracture sociales et affaiblissant la cohésion. À l’inverse, une confiance élevée est étroitement liée à la manière dont les individus perçoivent les inégalités, les dépenses publiques et leur propre situation économique. Des évaluations positives des dépenses sociales s’accompagnent souvent d’une plus grande légitimité et d’une confiance accrue envers les dirigeants.

Cela signifie qu’une politique sociale efficace peut déclencher un cercle vertueux : lorsque les gouvernements fournissent des services et une protection tangible, en particulier pour les plus vulnérables, ils renforcent la confiance, ce qui, à son tour, consolide les institutions et la solidarité sociale.

L’ère numérique introduit de nouveaux défis. Si les technologies numériques offrent des outils d’action collective, elles amplifient également la désinformation, la mésinformation et les « chambres d’écho » qui alimentent la méfiance. Des solutions telles que la vérification des faits, l’étiquetage des contenus et l’investissement dans l’éducation aux médias et à l’information sont essentielles pour rétablir un dialogue constructif et limiter les effets néfastes.

La reconstruction de la confiance repose également sur des institutions inclusives, ancrées dans l’équité, la justice et la reconnaissance. À l’échelle mondiale, par exemple, environ 22 % des enfants de moins de cinq ans ne disposent pas d’un acte de naissance, ce qui limite leur accès aux services essentiels et fragilise leur inclusion sociale. Tenir l’engagement mondial de fournir une identité légale pour tous est donc crucial afin de renforcer le sentiment d’appartenance et la confiance.

La cohésion sociale prospère lorsque la coopération et la solidarité sont intégrées dans les institutions et les normes. Ces transformations prennent du temps, car elles sont façonnées par la culture et les valeurs collectives. Mais les gouvernements, en garantissant l’équité, en donnant l’exemple de la solidarité et en bâtissant des systèmes inclusifs, peuvent accélérer cette évolution.

Un nouveau consensus politique est donc urgent, fondé sur l’équité, la sécurité et la solidarité, afin de reconstruire la confiance et d’accélérer le progrès social.
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